Un blog, surtout ce genre de blogs, est autobiographique. Il me faut donc signaler et respecter le pacte autobiographique, bien que rétroactif et postérieur à la rédaction de la plupart de mes souvenirs. Je choisis celui rousseauiste. Évidemment.
Voici le portrait d'un jeune homme, suivi pendant une longue période d'évolution : d'octobre 2006 à juillet 2009. D'un peu plus de seize ans à presque dix-neuf.
Je ne suis fait comme aucun des hommes que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus, quoique laconiquement. Qu'on ne me tienne grief du passé, mais que l'on remarque l'évolution que j'ai suivie. Ces maximes me viennent à la fois de mon auteur préféré et de mon meilleur ami. Je les tiens pour vraies. Je les aime, les admire et les respecte. Que chacun des hommes découvre à son tour son c½ur avec la même sincérité ; et puis qu'un seul dise, s'il l'ose : Je fus meilleur que cet homme-là.
J'avais à peu près un tiers d'articles hors ligne. J'ai décidé de publier ceux qui devaient l'être, qui parlent d'un moi antérieur que je voulais cacher, ne m'y retrouvant plus. Je ne comprenais pas que je Suis le même, mais que j'ai changé. Bien que l'entendant déjà il y a quelques mois, je l'ai enfin réellement compris, je crois. Je ne vais donc avoir honte de rien et dévoiler à mes contemporains plus de vérité. Je ne doute pas qu'ils ne la cherchent pas, mais mon c½ur est ainsi soulagé.
Je vais faire ce que beaucoup font. Pas parce qu'ils le font, mais parce que j'en ai envie. Le changement, vous savez... C'est donc ici que s'arrête mon blog. Avec une photographie extraordinaire : au pied de Jean-Jacques, à l'extérieur du Panthéon, poussent quelques herbes sauvages. Cartésien, j'ai peine à croire malgré tout à du hasard. Cela fait le mythe de Rousseau. Comme le dit une personne que j'aime énormément, ma passion pour lui est effectivement grandissante de jour en jour. Inutile, et surtout impossible, de le cacher. Mais aujourd'hui, je ne veux plus rien cacher de mes desseins quant à ce blog. Je ne tairai rien de ce que je veux dire. Mais tout dépend de ce que je veux dire... Bref, je disais faire comme beaucoup de monde. C'est-à-dire changer de blog en changeant d'institution scolaire. Le lycée est fini pour moi, peine et joie comprises. L'Université s'ouvre à moi. Impatience curieuse et peur comprises. Avec la fin d'une époque finit ce blog. C'est ce que je veux aujourd'hui. Qui sait, peut-être reviendrai-je à lui un jour ? Quoiqu'il en soit, je passe en mode tout en ligne, a priori pour aussi longtemps que Skyblog daignera héberger gracieusement mon blog. Cela me permettra d'y retrouver beaucoup de 2046 souvenirs, de m'en remémorer certains, et pour tous de pouvoir tout lire. L'avenir dira si j'ai eu raison ou tort. Un pressentiment rousseauiste me prend. Dois-je en parler ? Allez ; ça n'a aucune importance, ce n'est qu'une idée stupide, mais pourquoi la cacher ? J'ai juré de tout dire. J'ai l'appréhension qu'un jour on retourne contre moi quelques uns des mots que j'ai pu naïvement écrire, sans savoir exactement ce à quoi je m'exposais. Ridicule, non ? Mais je l'ai dit : seul l'avenir pourra juger ces propos. Que le lecteur suspende son jugement et ne juge avant les faits.
Mon ordinateur me fait des couleurs bizarres et est anormalement chaud. Je poursuivrai mes considérations un peu plus tard. Je promets de ne rien retoucher de ce que j'ai écrit. Dans un souci de vérité, toujours.
J'arrête donc mon blog. Théoriquement, je suis censé soit choisir de donner l'adresse de mon nouveau blog, soit choisir de la taire publiquement et de ne la donner qu'à certaines personnes, bien choisies. Si j'étais dans le journal d'une poupée, je pourrais également quitter la blogosphère et dire combien il est agréable de disparaître. Mais je ne suis ni dans ledit journal, ni comme un de ces nombreux blogs. Pour l'instant, j'hésite. Je ne sais même pas si je veux me faire une nouvelle page « personnelle ». Si un jour cette envie me reprend, il me suffira de quelques clics. Physiquement parlant, bien entendu.
Que l'on ne dise rien sur mes anciens articles. Qu'on ne dispute pas sur ce que j'ai écrit. Je l'assume, mais plus rien ici ou presque ne me semble d'actualité. Gardons silence et réserve sur le passé. Qu'aucun commentaire ne soit émit.
J'ose tout de même avoir une requête : évitez les adieux déchirants, les mots de remerciement, ceux gentils, ceux interrogateurs... que ce départ se fasse dans le silence, comme je le suis. D'autant plus que pour la plupart des personnes visitant mon blog, ce dernier n'est pas l'unique medium, voire n'en est qu'un bien faible, de notre relation. Et puis, c'est à la fois un avantage et un inconvénient d'Internet : il est facile de retrouver des gens. Pour l'instant, je suis encore sur Facebook. Mais Google ou 123people me trouvent également en un tournemain. Attention toutefois aux quelques informations qui ne sont plus d'actualité, ou d'autres personnes partageant mon nom.
Que dire d'autre ? Je ne sais pas. Il est difficile de faire des adieux. Ils ne sont jamais innocents. Ils sont souvent soit trop courts soit trop longs, mais jamais comme on les voudrait. Je crois néanmoins en avoir dit assez, quoique ce soit encore relativement court. Contrairement à deux personnes qui comptent à mon c½ur (leurs liens ont déjà été donnés, retrouvez-les si vous voulez), je ne songe pas non plus me créer un blog « secret », dans lequel je pourrais parler en liberté de ce que je voudrais, sans crainte d'aucune censure. Parce que, tout d'abord, tout se sait un jour. Ensuite, parce que je n'ai, pour ma part, rien qui vaille un tel secret. Et si je veux me raconter à l'envi, être narcissique, écrire mille mots inutiles, je peux faire d'un de mes carnets mon journal intime.
Pour terminer, tout de même, parce qu'il le faut bien, je tiens à embrasser tous ceux à qui je ne l'ai pas assez fait. Beaucoup connaissent ce blog et le liront peut-être. Pour les autres, pour l'heure, tant pis. Sondez en votre c½ur si vous pensez que vous faites partie de ceux qui me sont chers. Ne jugez pas sur mes actes, qui sont ceux d'un grand timide qui a toujours eu du mal à faire ou dire ce qu'il voulait dire ou faire en son c½ur. Jugez en votre propre c½ur. Si j'ai pu ne jamais vous témoigner les marques d'un certain amour, ou pas aussi fort qu'il existait en moi, il n'existait pour autant pas moins. Si un jour j'entreprends un projet de remerciement ou de confessions, marchant sur les pas de celui que j'adore (adorer est plus haut qu'aimer), peut-être saura-t-on enfin ce que j'ai pensé, qui j'ai aimé, etc. Mais peut-être sera-t-il trop tard... Bref ! Que cessent ici mes inutiles méditations et introspections. Le futur est tout bonnement imprévisible ; pourquoi me torturer de la sorte ? Je ferai ce qu'il me semblera être bon. Adieu, donc, blog chéri. La curiosité domine actuellement sur la peine du temps passé.
Mille projets de dix ans fourmillent dans ma tête. Peut-être les abandonnerai-je dans dix minutes, mais qu'importe ? Cela me plait.
La bouche mécontente d'être fermée de force, je me dois arrêter. Tellement de choses à dire, encore ! Mais non ; non ! Cela est décidé. L'incertitude ne peut reprendre le pas en moi. J'ai des choses à faire ; je m'en vais les exécuter.
À tous, salut !
I don't remember that much now.

